Le détroit d’Ormuz
de nouveau fermé… L’Iran ne plaisante pas
20/04/2026
par Larry Johnson
Les deux images
ci-dessus montrent le détroit d’Ormuz partiellement ouvert et, aujourd’hui,
totalement bouclé. Pendant un bref instant, le vendredi 17 avril 2026, Donald
Trump a raconté une demi-vérité. Le détroit d’Ormuz était ouvert au trafic,
mais uniquement pour les navires ayant coordonné leur passage avec le Corps des
gardiens de la révolution islamique et obtenu son autorisation. Tout cela a
brusquement pris fin le samedi 18 avril, après les déclarations incendiaires de
Donald Trump concernant le blocus de tous les ports iraniens. L’Iran a pourtant
clairement fait savoir à JD Vance, dans les dernières heures de leur dernière
rencontre à Islamabad, que son plan en 10 points n’est pas négociable.
Les perturbations de
la chaîne d’approvisionnement mondiale causées par le blocus iranien ne sont
pas pleinement comprises par tout le monde. Je fais une analogie avec le
syndrome d’irradiation… Imaginez qu’une personne survive à l’explosion d’une
bombe atomique mais soit exposée aux radiations. Il peut s’écouler des jours,
voire des semaines, avant que les effets létaux ne se manifestent chez la
victime. En l’occurrence, la victime est ici le système économique, financier
et industriel mondial. Il faudra des mois (pour une reprise partielle de
l’approvisionnement en pétrole) à plusieurs années (pour une normalisation
complète du GNL, de l’urée et de l’hélium) avant que les exportations du golfe
Persique ne reprennent leur niveau d’avant-guerre. Ceci s’explique par une
combinaison de destructions physiques, de congestions logistiques, de risques
sécuritaires et de répercussions politiques de la guerre en Iran de 2026
(février-avril 2026). Examinons les facteurs qui vont empêcher un retour
immédiat aux niveaux d’exportation du 27 février.
Dégâts matériels
considérables aux infrastructures critiques
• Les frappes
américano-israéliennes et les contre-attaques iraniennes ont touché des
raffineries, réservoirs de stockage, pipelines, gisements de pétrole et de gaz,
ainsi que des usines de traitement dans au moins neuf pays du golfe Persique.
• Les dégâts les plus
lourds ont été causés dans la ville industrielle de Ras Laffan au Qatar
(le plus grand hub de GNL au monde). Les frappes de missiles iraniens en mars
2026 ont détruit 17% de la capacité d’exportation de GNL du Qatar (12,8
millions de tonnes par an). Le PDG de QatarEnergy a déclaré que les réparations
prendront 3 à 5 ans, notamment parce que les composants clés (par
exemple, les turbines) sont ultra-spécialisés et impossibles à remplacer à
court terme.
• Cette seule installation
produit également une grande partie de l’hélium de la région (un
sous-produit du traitement du gaz naturel) et affecte la production d’urée et
d’ammoniac.
Déminage et
vérification de la sécurité dans le détroit d’Ormuz : un processus lent
• L’Iran a posé de
nombreuses mines marines pendant le conflit. Même si le déminage, avec l’aide
des États-Unis, est en cours, les opérations de déminage professionnelles sont
intrinsèquement lentes et nécessitent des contrôles répétés pour garantir la
sécurité.
• Au 18-19 avril 2026,
le trafic maritime reste minime malgré la déclaration d’« ouverture » de
l’Iran. Les principaux armateurs (y compris le BIMCO et les associations
norvégiennes) exigent toujours la preuve que les routes sont dégagées, que
l’Iran respecte ses engagements et que les risques sont réduits avant d’engager
des navires.
Assurance, primes de
risque et logistique maritime
• Les primes
d’assurance contre les risques de guerre ont explosé (passant d’environ 0,125%
à 0,2–0,4% de la valeur de la coque par transit). De nombreux assureurs ont
entièrement annulé leur couverture dans le Golfe au plus fort de la crise.
• Les pétroliers et
leurs équipages ont été dispersés aux quatre coins du monde ; le contournement
de l’Afrique est devenu la norme. Restaurer la confiance, renégocier les
contrats et réintégrer les équipages expérimentés prendra des mois.
Calendriers
spécifiques aux matières premières
• Pétrole : certains puits
peuvent redémarrer en quelques jours ou semaines, mais la remise en état complète
du réseau du Golfe (gisements endommagés + logistique) prendra de plusieurs
mois à 1 à 2 ans.
• GNL : dominé par le
Qatar, 3 à 5 ans pour la remise en état complète de Ras Laffan.
• Urée
(engrais) : Liée au gaz naturel en tant que matière première. Le Golfe
fournit environ 45 à 46% de l’urée transportée par voie maritime dans le monde.
La remise en service et les retards d’expédition se traduisent par des mois
de pénurie.
• Hélium : Le Qatar fournit
environ 30 à 33% de la production mondiale. Les dommages subis par Ras Laffan
entraînent une interruption de 3 à 5 ans ou plus.
Conséquences
économiques mondiales de la rupture d’approvisionnement
Cette interruption
(atteignant environ 20% de la production mondiale de pétrole, environ 20% du
GNL, ainsi qu’une part importante de l’urée et de l’hélium) a provoqué le plus
grand choc d’approvisionnement de l’histoire énergétique moderne et ses
répercussions vont bien au-delà des prix des carburants.
• Inflation
énergétique et risque de stagflation : le prix du baril de Brent a brièvement dépassé les 120 dollars.
Les prix du GNL en Asie ont bondi de plus de 140%. La hausse des coûts du
transport, de l’électricité et de la fabrication s’ajoute à l’inflation
générale tout en ralentissant la croissance.
• Flambée des
prix alimentaires due à la pénurie d’urée : la région du Golfe
fournit environ 20 à 46% des engrais commercialisés dans le monde. Les pénuries
ont déjà contraint des usines à fermer en Inde, au Bangladesh et au Pakistan.
Les agriculteurs des pays dépendants des importations (Inde, Brésil, certaines
régions d’Afrique) sont confrontés à une diminution des semis ou à des coûts
plus élevés → hausse des prix alimentaires mondiaux en 2026–2027.
•
Perturbations du secteur technologique et de la santé dues à l’hélium : essentiel à la
fabrication de semi-conducteurs (refroidissement/fabrication de puces), aux
scanners IRM (aimants supraconducteurs), à la fibre optique, au soudage et à
l’aérospatiale. Les pénuries affectent déjà les chaînes d’approvisionnement. Des
retards dans les soins de santé et des ralentissements de la production de
puces devraient durer des années.
•
Répercussions plus larges : désorganisation des chaînes d’approvisionnement, hausse des prix
à la consommation (carburant, produits alimentaires, actes médicaux),
ralentissement de la croissance du PIB en Asie et en Europe (les plus exposées)
et risque de pression récessionniste pour les économies vulnérables. Même les
États-Unis subissent des effets indirects via les marchés mondiaux des matières
premières, malgré une dépendance directe moindre.
En bref, même si les
États-Unis satisfont les exigences de l’Iran et que le détroit d’Ormuz est
rouvert au trafic habituel le lundi 20 avril, la combinaison des ravages de la
guerre (notamment à Ras Laffan), des craintes persistantes en matière de
sécurité et d’assurance, et des incertitudes politiques impliquent que la
normalisation complète des exportations s’étendra sur plusieurs trimestres,
voire plusieurs années – et que le retour à la normale ne se fera pas du jour
au lendemain. Les perspectives pour l’économie mondiale sont mauvaises et
s’aggraveront tant que la guerre se poursuivra.
source : Son of the New American Revolution via Spirit of Free Speech
https://reseauinternational.net/le-detroit-dormuz-de-nouveau-ferme-liran-ne-plaisante-pas/
Capacité de l’Iran à
reconstituer ses stocks de missiles et de drones : un rythme supérieur à celui
d’avant-guerre, selon un commandant militaire
20/04/2026
par PressTV
Un haut commandant
iranien affirme que le pays a non seulement réussi à reconstituer ses stocks de
missiles et de drones pendant la récente trêve de deux semaines, mais qu’il a
même dépassé ses capacités d’avant-guerre.
Le général Seyyed Majid Moussavi, commandant des forces aérospatiales du
Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), a partagé dimanche une
vidéo sur la plateforme UpScrolled, démontrant le remplacement des stocks de
missiles et de drones.
Un message accompagnant cette vidéo souligne que « la rapidité avec
laquelle l’Iran modernise et réapprovisionne ses lanceurs de missiles et de
drones a même excédé son rythme d’avant-guerre ».
« Nous sommes conscients que l’ennemi est incapable de recréer de telles
conditions pendant le cessez-le-feu », a déclaré le général Moussavi.
Il a ajouté que depuis le début de la trêve le 11 avril, les États-Unis
ont dû « acheminer des munitions au compte-gouttes depuis l’autre bout du
monde ». « Ils ont également perdu cette phase de la guerre. Ils ont
perdu le détroit [d’Ormuz], le Liban et l’ensemble de la région », a
affirmé le commandant.
Ces déclarations interviennent alors que plusieurs rapports contredisent
les affirmations selon lesquelles des semaines d’agression militaire conjointe
américano-israélienne contre l’Iran auraient considérablement affaibli les
capacités stratégiques du pays.
Selon le Wall Street Journal, qui cite des évaluations des services de
renseignement américains, la capacité de Téhéran à maintenir son arsenal
balistique repose sur un vaste réseau de sites de stockage souterrains
renforcés. Ces installations ont largement protégé les lanceurs mobiles des
bombardements subis pendant des semaines, permettant à l’Iran de conserver «
des milliers de missiles balistiques de moyenne et courte portée » dans ses
sites souterrains.
Selon le rapport, l’Iran disposerait encore « de milliers de missiles
balistiques de moyenne et courte portée qui pourraient être débusqués ou
récupérés dans des sites souterrains ».
Le général Moussavi a également évoqué le détroit d’Ormuz, que les
Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé à nouveau fermé samedi, en
raison des violations du cessez-le-feu par les États-Unis. Ils ont réaffirmé
que le maintien du blocus naval des ports iraniens équivalait à de la
piraterie.
Dans un message distinct publié sur les réseaux sociaux, Moussavi a rendu
hommage à la stratégie militaire élaborée par le défunt Leader de la Révolution
islamique, l’Ayatollah Seyyed Ali Khamenei. Il a affirmé que cette stratégie
avait ouvert la voie au triomphe de l’Iran face à ses ennemis, y compris des
puissances nucléaires.
Le commandant a souligné que c’est la stratégie de guerre asymétrique, la
technologie nationale de missiles et la confiance accordée aux jeunes
scientifiques et soldats – principes chers à l’Ayatollah Khamenei – qui ont
permis à l’Iran de tenir tête aux plus grandes puissances mondiales.
L’armée iranienne a averti en début de semaine que si la sécurité des
ports iraniens situés dans les eaux du golfe Persique et de la mer d’Arabie
était menacée, aucun port de ces régions ne serait épargné.
Parallèlement, les forces armées iraniennes, ayant déjà fait preuve d’une
résilience remarquable face à quarante jours d’agression, se sont engagées à
rester vigilantes et prêtes à riposter avec fermeté à toute menace.
Quelques jours après l’offensive militaire américano-israélienne contre
l’Iran le 28 février, Téhéran avait restreint l’accès au détroit d’Ormuz à ses
adversaires et à leurs alliés, une manœuvre stratégique.
Cette perturbation majeure du détroit d’Ormuz, voie de transit cruciale
pour environ 20% des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel
liquéfié, a alimenté l’inflation et ralenti l’économie mondiale, et ses
répercussions sont susceptibles de se faire sentir pendant des mois.
source : PressTV
https://reseauinternational.net/capacite-de-liran-a-reconstituer-ses-stocks-de-missiles-et-de-drones-un-rythme-superieur-a-celui-davant-guerre-selon-un-commandant-militaire/
Fin des articles.
Articles à suivre.
C. Rosenzwitt-Makiewsky-Santri