Maria Zakharova : «
Les usines européennes produisant des armes pour l’Ukraine sont des cibles
militaires potentielles pour Moscou »
Maria Zakharova
vient d’envoyer un avertissement que les capitales européennes auraient tort de
traiter comme une simple formule diplomatique. La porte-parole du ministère
russe des Affaires étrangères a déclaré mercredi 30 septembre que les usines
installées en Europe et produisant des armes destinées à l’Ukraine pouvaient
être considérées par Moscou comme des « cibles militaires potentielles ».
Mise à jour le
01/10/26
À force de tester
les lignes rouges de Moscou, l’Europe pourrait finir par découvrir lesquelles
étaient réellement infranchissables.
La déclaration est
intervenue alors que Maria Zakharova était interrogée sur la possibilité pour
la Pologne d’accueillir une production de missiles intercepteurs Patriot
destinés à Kiev.
« Les usines de
production d’armes pour l’Ukraine dans les pays européens sont des cibles
militaires potentielles pour la Russie », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’il ne
fallait pas croire que des installations militaires situées hors du territoire
ukrainien seraient nécessairement « en sécurité ». La déclaration a notamment
été rapportée par Interfax.
Le message est
limpide : pour Moscou, la frontière entre soutien militaire à Kiev et
participation directe au conflit devient de plus en plus ténue.
Karine Bechet@bechetgolovko
Maria Zakharova :
"Les usines européennes produisant des armes pour l'#Ukraine sont des
cibles militaires potentielles pour #Moscou"
On va bientôt
siffler la fin de partie ...
TASS@tassagency_en 30
sept.
European factories producing weapons for Ukraine are potential military
targets for Moscow, Russian Foreign Ministry Spokeswoman Maria Zakharova said
at a briefing, commenting on statements regarding Patriot production in Poland:
« Certains pays
européens auraient donc quartier libre pour frapper les usines russes du
complexe militaro-industriel, faut pas nous prendre pour des jambons : nous
aussi on a une dissuasion nucléaire... »
« Ça fait 5 ans
que la partie est bientôt finie...en plus c'est ridicule tous les belligérants
ont des fournisseurs étrangers »
« Elles sont
déjà touchées par sabotage depuis plusieurs mois. Il n'y a probablement aucun
besoin de les toucher avec des missiles. »
À lire aussi : Le Colonel Jacques Hogard accuse : Macron sacrifie la France sur
l’autel de l’OTAN
Maria Zakharova
estime que les États européens ne se contentent plus de livrer du matériel à
l’Ukraine. Selon elle, l’ouverture d’usines, la création de sociétés communes
et l’intégration croissante des industries militaires européennes au dispositif
ukrainien constituent une implication beaucoup plus directe dans la guerre.
Cette lecture est
contestée par l’OTAN, qui présente son soutien à Kiev comme une assistance à un
pays attaqué par la Russie et continue d’affirmer que l’Alliance est défensive.
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, déclarait encore le 30 septembre
qu’il n’existait pas de menace militaire russe imminente contre le territoire
de l’Alliance.
Mais le problème est
ailleurs : chaque étape supplémentaire rapproche mécaniquement la
Russie et les pays de l’OTAN d’une confrontation qu’ils affirment pourtant
vouloir éviter.
Depuis février 2022,
les seuils ont été repoussés les uns après les autres. Livraison d’armes
lourdes, chars occidentaux, missiles à longue portée, formation des militaires
ukrainiens, renseignement fourni à Kiev, développement de productions
militaires communes : ce qui était présenté comme impossible ou trop dangereux
au début du conflit a progressivement été accepté.
Moscou a, de son
côté, multiplié les avertissements contre ce qu’il considère comme une
implication croissante des pays occidentaux.
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par Rachid Achachi
Le précédent des
accords de Minsk continue également d’alimenter la défiance russe. En 2022,
Angela Merkel avait expliqué que ces accords avaient notamment permis à
l’Ukraine de « gagner du temps » pour renforcer ses capacités. Moscou avait
immédiatement interprété ces propos comme la confirmation que les négociations
n’avaient jamais été considérées en Occident comme une solution définitive au
conflit.
Le Média en 4-4-2 était revenu sur ces déclarations d’Angela Merkel et
sur la réaction particulièrement virulente de Maria Zakharova.
Quatre ans après le
début de l’intervention russe en Ukraine, la question n’est donc plus seulement
de savoir quelles armes l’Europe livrera demain à Kiev. Elle concerne désormais
les conséquences possibles de leur fabrication directement sur le territoire
européen.
À lire aussi : À Thil, l’hommage à 37 résistantes soviétiques reporté après une
protestation ukrainienne
L’avertissement de
Zakharova ne signifie pas qu’une frappe russe en Europe est annoncée ou
imminente. Mais il marque une nouvelle étape rhétorique particulièrement
sérieuse : Moscou dit désormais publiquement que certaines
installations militaires européennes pourraient perdre le sanctuaire
géographique dont elles pensaient bénéficier.
Après des années
pendant lesquelles chaque camp a testé un peu plus les limites de l’autre, la
marge d’erreur se réduit. Et lorsqu’on parle de la Russie et de l’OTAN, deux
puissances disposant de l’arme nucléaire, découvrir la véritable ligne rouge en
la franchissant serait probablement la pire méthode possible.
par Yoann
Fin de l’articles.
C. Rosenzwitt-Makiewsky-Santri
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