Gaza : 24 Israéliens
témoignent sur des crimes de guerre, Netanyahu veut poursuivre les témoins
'Parce que le silence nourrit l’impunité, refusons de nous taire.'
Vingt-quatre
Israéliens racontent les méthodes employées par leur propre armée à Gaza.
Benjamin Netanyahu a trouvé les suspects : ceux qui ont osé parler. Dimanche
11 octobre 2026, le Premier ministre israélien a demandé l'ouverture d'une
enquête pénale contre les participants au documentaire NAZA, récompensé à la Mostra
de Venise. Après les menaces contre les réalisateurs, voici donc la suite du
programme : retrouver les témoins anonymes et les traîner devant la justice. La
liberté d'expression version Netanyahu commence à ressembler à une enquête de
police.
Mise à jour le
12/10/26
Vingt-quatre
militaires israéliens racontent les horreurs présumées de Gaza, et Netanyahu
veut désormais les traduire en justice.
Netanyahu veut
identifier les 24 témoins de NAZA
Le Premier ministre
israélien ne se contente plus de dénoncer le documentaire. Dans une lettre
adressée à la procureure générale Gali Baharav-Miara, au chef d’état-major Eyal
Zamir et au directeur du Shin Bet David Zini, il réclame des investigations
pour identifier les personnes ayant participé au film.
Selon les informations publiées le 11 octobre, Netanyahu
demande des poursuites pour divulgation d’informations secrètes, diffamation
pénale et atteinte aux intérêts diplomatiques et sécuritaires d’Israël.
Il accuse le
documentaire de présenter un récit « faux, trompeur et biaisé », portant
gravement atteinte à l’image du pays.
Voilà donc la
priorité du gouvernement : identifier ceux qui ont parlé, déterminer quelles
informations ils ont révélées et envisager des sanctions pénales.
Le film affirme
pourtant documenter des actes autrement plus graves que des indiscrétions
militaires.
24 militaires
israéliens racontent comment Gaza était bombardée
Nous avions déjà
consacré un article au documentaire NAZA et à son prix spécial du jury à
Venise, en septembre dernier.
Réalisé par Yuval
Abraham et Rachel Szor, le film donne la parole à 24 membres de l’armée et des
services de renseignement israéliens. Leurs identités sont dissimulées.
Ils décrivent
notamment les mécanismes de surveillance utilisés à Gaza, le recours à
l’intelligence artificielle pour sélectionner des cibles et les procédures
permettant d’autoriser des frappes malgré un nombre prévisible de victimes
civiles.
Le titre NAZA
provient d’un acronyme hébreu désignant les dommages collatéraux.
Certains témoignages
évoquent des frappes contre des habitations alors que la présence de familles
était connue. Le documentaire présente ces pratiques non comme de simples
accidents, mais comme les conséquences de méthodes de ciblage organisées.
L’armée israélienne
conteste ces accusations. Dans une réponse détaillée, elle affirme que les
décisions de frappes sont prises par des êtres humains et rejette notamment
l’existence d’autorisations automatiques fondées sur un nombre fixe de victimes
civiles.
Les témoignages
restent donc contestés. Leur vérification indépendante est essentielle. Mais
poursuivre ceux qui les ont livrés ne permettra pas, à elle seule, de
déterminer ce qui s’est réellement passé.
À lire aussi : Sept humanitaires tués à Gaza : deux ans après, l’enquête fragilise
la version israélienne de la « simple erreur »
Après les
réalisateurs, les témoins dans le viseur
Cette nouvelle
offensive intervient après les pressions déjà exercées contre les cinéastes.
En septembre, le
ministre israélien de la Culture, Miki Zohar, avait réclamé que Yuval Abraham
et Rachel Szor soient privés de leur nationalité israélienne, les accusant de
trahison.
Nous avions alors
rapporté ces menaces de déchéance de nationalité contre les deux
réalisateurs.
La progression est
remarquable : un documentaire primé à Venise, des cinéastes accusés de
trahison, puis une demande d’enquête pénale contre les sources anonymes.
Il ne manquerait
plus qu’une commission gouvernementale chargée de choisir les documentaires
autorisés à recevoir des récompenses.
Derrière le
sarcasme, la situation est autrement sérieuse. Si les autorités parviennent à
identifier les témoins, ceux-ci pourraient faire face à des poursuites. De quoi
dissuader d’autres militaires de raconter ce qu’ils ont vu ou fait pendant la
guerre.
Et c’est précisément
ce qui rend cette démarche préoccupante : une enquête sur les sources risque de
décourager les futurs témoignages, indépendamment de la véracité des
accusations formulées dans le film.
Et les accusations de
crimes à Gaza, qui les examine ?
Les révélations de
NAZA ne surgissent pas dans le vide. D’autres enquêtes ont déjà documenté des
bombardements meurtriers et des décisions militaires contestées.
En septembre, l’affaire de la mort de Hind Rajab et des tirs contre son véhicule
et une ambulance avait de nouveau posé la question de la
responsabilité des soldats israéliens.
Le gouvernement peut
naturellement contester les témoignages de NAZA. Il peut également demander une
enquête sur la divulgation éventuelle de renseignements classifiés. Cela ne
dispense pas d’examiner les accusations de violations du droit international humanitaire.
Pour l’instant,
Netanyahu réclame publiquement l’identification et la poursuite des personnes
qui ont participé au film. Cette demande ne signifie pas qu’elles ont déjà été
inculpées ou condamnées.
Mais le message
politique est limpide : ceux qui racontent les méthodes de l’armée israélienne
risquent désormais de devoir se défendre devant la justice.
Au fond, le problème
de NAZA, pour Netanyahu, n’est peut-être pas seulement ce que racontent ces 24
témoins. C’est qu’ils soient encore libres de le raconter.
par Yoann
super-goy/12 octobre
2026
« Il paraît
qu’Israël est une démocratie et que Tsahal est l’armée la plus morale du monde. »
La réalisatrice
juive Sarah Friedland dénonce le génocide à Gaza lors de la Mostra de Venise
La réalisatrice
Sarah Friedland a dénoncé le génocide israélien à Gaza "en tant qu'artiste
juive américaine" lors de la 81e Mostra de Venise ce samedi. Elle y a reçu
plusieurs récompenses (dont la meilleure réalisation) pour son film
"Familiar Touch".
Mise à jour le
09/09/24
Sarah Friedland,
réalisatrice juive américaine : « Je suis solidaire du peuple palestinien
dans sa lutte pour la libération. »
« En tant qu’artiste
juive américaine, je dois préciser que j’accepte ce prix à l’occasion du 336e
jour du génocide israélien à Gaza et de la 76e année d’occupation. »
« Je crois qu’il est
de notre responsabilité, en tant que travailleurs du cinéma, d’utiliser les
plateformes institutionnelles à travers lesquelles nous travaillons pour
remédier à l’impunité d’Israël sur la scène mondiale. Je suis solidaire du
peuple palestinien dans sa lutte pour la libération. »
Charlies Ingalls Le
Vrai 🤠🐑🐄🐔🐎🤓 @CharliesIngalls
🇵🇸 "En tant qu'artiste juive américaine, je dois préciser que
j'accepte ce prix à l'occasion du 336e jour du génocide israélien à Gaza et de
la 76e année d'occupation. (...) Je suis solidaire du peuple palestinien dans
sa lutte pour la libération."
La réalisatrice
Sarah Friedland a dénoncé le génocide israélien à #Gaza "en tant
qu'artiste juive américaine" lors de la 81e Mostra de Venise ce samedi.
Elle y a reçu
plusieurs récompenses (dont la meilleure réalisation) pour son film
"Familiar Touch".
➡️ "Je crois qu'il est de notre responsabilité, en tant que
travailleurs du cinéma, d'utiliser les plateformes institutionnelles à travers
lesquelles nous travaillons pour remédier à l'impunité d'Israël sur la scène
mondiale. Je suis solidaire du peuple palestinien dans sa lutte pour la
libération"
https://x.com/CharliesIngalls/status/1832568986409824570
8 sept. 2024
« Honneur à
elle, à son humanité et à son courage de dire. »
par Yoann
....... A voir ou à revoir,
Le documentaire NAZA
récompensé à Venise : 24 Israéliens racontent la machine à tuer de Gaza
Le documentaire NAZA
n’est pas reparti les mains vides de Venise. Samedi 12 septembre, le film de
Yuval Abraham et Rachel Szor a reçu le Prix spécial du jury de la 83e Mostra de
Venise. Une récompense particulièrement embarrassante pour Israël, tant le
documentaire décrit de l’intérieur les mécanismes utilisés par son armée pour
sélectionner et frapper des cibles à Gaza.
Mise à jour le
13/09/26
Israël peut toujours
contester le documentaire, mais il devient plus difficile de ranger
vingt-quatre témoins sous le tapis rouge.
Quelques jours plus
tôt, sa projection avait déjà provoqué une ovation d’environ 25 minutes. Cette
fois, ce n’est donc plus seulement le public qui applaudit : le jury officiel
de l’un des plus prestigieux festivals de cinéma au monde distingue un film
construit autour des témoignages de 24 militaires, soldats et membres du
renseignement israélien.
Des militaires
israéliens racontent la mécanique des frappes
Tourné dans la
clandestinité pendant trois ans, notamment sur des toits de Tel-Aviv, NAZA donne
la parole à des personnes ayant participé au système militaire israélien. Leurs
visages et leurs voix ont été modifiés pour protéger leur identité.
Selon Associated Press, ces témoins décrivent notamment
l’utilisation de systèmes de surveillance et d’outils assistés par intelligence
artificielle pour identifier des membres présumés du Hamas et localiser leur
domicile. Les frappes pouvaient ensuite être menées alors que leurs familles se
trouvaient à l’intérieur.
Le titre lui-même
résume la froideur du système décrit. « NAZA » est présenté comme un acronyme
employé dans le renseignement militaire israélien pour désigner le nombre de
victimes civiles attendues lors d’une attaque. Derrière un terme technique, des
hommes, des femmes et des enfants transformés en variable dans un calcul
militaire.
À lire aussi : « Where’s Daddy ? » : révélations chocs sur l’IA de Tsahal qui
attaque les militants du Hamas en présence de leur famille
De l’intelligence
artificielle aux téléphones piratés
L’enquête du Guardian, producteur du documentaire, va plus loin. Les
témoins racontent des systèmes capables de générer un grand nombre de cibles
potentielles, la surveillance de téléphones et des bombardements de domiciles
où la présence de proches pouvait être connue.
Le film ne cherche
donc pas principalement le soldat incontrôlable ou la bavure isolée. Il décrit
une chaîne : renseignement, informatique, sélection de la cible, validation
puis frappe.
Yuval Abraham résume
brutalement ce que le documentaire veut démontrer : « Ce n’est pas une erreur.
Ce n’est pas un accident. C’est quelque chose de très systémique. »
Voilà précisément ce
qui rend NAZA beaucoup plus gênant qu’un nouveau réquisitoire
extérieur contre Israël. Ceux qui parlent sont Israéliens. Certains ont
travaillé directement dans les rouages qu’ils décrivent. Et les réalisateurs le
sont également.
Après l’Oscar,
Venise
Yuval Abraham et
Rachel Szor avaient déjà participé à No Other Land, Oscar du
meilleur documentaire en 2025. Avec NAZA, ils reviennent cette fois
au cœur de la machine militaire israélienne.
L’armée
israélienne rejette catégoriquement les accusations. Elle affirme
que les décisions de frappes restent prises par des personnels humains et
soutient faire des efforts pour limiter les victimes civiles.
La défense était
attendue. Mais elle doit désormais composer avec 24 témoignages venus de
l’intérieur, un documentaire présenté en compétition officielle, une ovation
spectaculaire et, depuis samedi soir, un Prix spécial du jury.
À lire aussi : Standing ovation historique pour « La Voix de Hind Rajab » : le
cinéma face aux crimes de Gaza
Israël pouvait
contester les enquêtes, dénoncer les accusations ou tenter de réduire ces
témoignages à des cas isolés. À Venise, NAZA vient de franchir
une étape supplémentaire : le récit de ces militaires israéliens est désormais
projeté, applaudi et récompensé sur la scène internationale.
par Yoann
Elisha Baskin : Militante et Refuznik*
Elle a refusé de servir dans l'armée israélienne
VOICES avec la refuznik Elisha Baskin
*refuznik*
Un refuznik (ou réfusnik) désigne à l'origine un
citoyen soviétique — le plus souvent juif — auquel le régime communiste
refusait le droit d'émigrer, notamment vers Israël.
Par extension, le terme a évolué pour désigner de
manière générale une personne qui refuse de se soumettre à une décision, une
loi ou une obligation d'État par contestation politique ou morale.
[...]
C'est vers l'âge de 16 ans qu'Elisha commence la
procédure obligatoire pour rejoindre l'armée israélienne. Mais une exposition
de photographies va faire basculer le cours de son existence. Elle découvre les
terribles violences commises par des militaires en Cisjordanie occupée envers
la population palestinienne. Elle décide alors de dire non à l'armée en Israël.
Elle devient objectrice de conscience.
Depuis le 7 octobre 2023, de plus en plus
d'Israéliens et d'Israéliennes prennent le chemin d'Elisha et refusent de
participer au génocide commis par l'armée israélienne envers les
Palestinien·nes. On les appelle les refuzniks : ces Israélien·nes qui refusent
de faire la guerre.
VOICES, ce sont des voix qui résistent. Les voix
de celles et ceux qui s’élèvent avec courage face aux injustices et à
l’impunité, et qui nous racontent de l’intérieur leur combat pour défendre les
droits humains.
Parce que le silence nourrit l’impunité, refusons
de nous taire.
Cette série est produite par Amnesty International
France, une organisation indépendante qui enquête, alerte et mobilise partout
où les droits humains sont attaqués.
Suivez notre actualité sur notre site : https://pulse.ly/k3chuipxfb
Lien vidéo 229
commentaires :
« Courageuse, réaliste et très humaine. Une
belle personne 🕊️🌐⚖ »
« Respect, merci pour votre témoignage »
« N'oubliez jamais, quelques soit l'armée,
vous êtes de la chair à canon. Vous ne servez pas vos intérêts personnels, mais
celui d'une élite qui en a rien à faire de vous. »
https://www.youtube.com/watch?v=xHXJQ-eN6XE
Ilan Gabet
Verified account @Ilangabet
Voici la liste de tous les bébés qui ne souffleront
jamais leur première bougie d'anniversaire, car ils ont été assassinés parce
que Palestiniens, par l'armée israélienne.
Eux n'auront pas d'hommage, pire, on nous insultera pour
qu'on taise leur nom.
https://x.com/Ilangabet/status/1892912461914763480
https://x.com/Ilangabet/status/1843364825071792341
https://x.com/Ilangabet/status/1950644193652814130
"Nous avions les images de Gaza, mais pas le
récit du crime" : filmer l’Immontrable avec NAZA
"Naza" fait le choix de ne pas montrer
directement les scènes de violence à Gaza. Le documentaire repose sur les
témoignages de 24 officiers israéliens qui décrivent les méthodes de ciblage et
les opérations militaires auxquelles ils ont participé.
Une expérience de cinéma radicale, qui interroge
notre manière de représenter la guerre et ce que les mots peuvent produire
lorsque les images font défaut.
Lien vidéo 55
commentaires :
« Du coup, on en est où actuellement en France : on a le droit de critiquer la politique d'Israël sans être taxé d'antisémite ? Difficile de suivre l'autorisation de la bonne pensée en France. Merci pour ce documentaire et le courage de ses auteurs. Heureusement que d'autres pays l'ont diffusé et l'ont porté à ce stade de notoriété »
« Bien dommage que le témoignage des
journalistes Palestiniens n’ait pas bénéficié de la même médiatisation… »
https://www.youtube.com/watch?v=JMOmlcMY-F0
Fin des articles.
C. Rosenzwitt-Makiewsky-Santri
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