Donald Trump reçoit à
la Maison-Blanche les deux grands rabbins antisionistes du mouvement Satmar
Donald Trump a reçu le
3 septembre 2026 plusieurs grands rabbins hassidiques dans le Bureau ovale.
Parmi eux figuraient Aharon Teitelbaum et Zalman Leib Teitelbaum, dirigeants
des deux branches rivales de Satmar, l’un des principaux courants juifs
ultra-orthodoxes ouvertement opposés au sionisme.
Mise à jour le
04/09/26
Un président
ultra-pro-Israël dans le Bureau ovale avec des rabbins qui rejettent le sionisme
au nom du judaïsme. L’image mérite qu’on s’y attarde. (Photo officielle de la
Maison-Blanche par Molly Riley)
La scène est
suffisamment inhabituelle pour être relevée. Jeudi 3 septembre, à quelques
jours de Rosh Hashanah, Donald Trump a accueilli à la Maison-Blanche une
délégation représentant plusieurs importantes communautés hassidiques
américaines. Etaient notamment présents les rabbins Aharon Teitelbaum et Zalman
Leib Teitelbaum de Satmar, Benzion Halberstam de Bobov, Yisroel Hager de Vizhnitz-Monsey
ainsi que Malkiel Kotler, dirigeant de la grande yeshiva Beth Medrash Govoha de
Lakewood.
La présence des deux
chefs de Satmar n’est pas anodine. Ce mouvement hassidique défend depuis des
décennies un antisionisme
fondé sur des considérations religieuses. Pour ses dirigeants, la création d’un État juif
souverain avant la venue du Messie contrevient à leur interprétation de la
tradition juive. Une position qui les place à l’opposé du sionisme politique,
sans pour autant les éloigner de la vie politique américaine.
Une rencontre rare
dans le Bureau ovale
La Maison-Blanche
présente ce rendez-vous comme le premier rassemblement de cette nature depuis
1979, lorsque Jimmy Carter avait lui aussi reçu des responsables de Satmar,
Bobov et Vizhnitz. Le site religieux Anash, qui publie plusieurs photographies officielles de la
visite, indique que l’échange avec Trump dans le Bureau ovale a duré environ
une demi-heure.
Le vice-président JD
Vance a également rencontré les rabbins dans la Roosevelt Room. Jared Kushner,
gendre de Donald Trump, ainsi que le représentant républicain de New York Mike
Lawler étaient présents. Aharon Teitelbaum a ensuite bénéficié d’un entretien
séparé avec le président américain, d’une dizaine de minutes selon le récit
publié après la rencontre.
Le vice-président JD
Vance salue des rabbins dans le salon Roosevelt de la Maison Blanche, le jeudi
3 septembre 2026. (Photo officielle de la Maison Blanche par Emily J. Higgins.)
À la sortie, le
responsable communautaire Yossi Gestetner a décrit auprès du New
York Jewish Week une occasion rare pour le président des États-Unis de
rencontrer les grands rabbins des principales communautés hassidiques
américaines. Les représentants religieux ont également remercié Trump pour
plusieurs mesures prises en faveur de leurs communautés.
À lire aussi : Youssef
Hindi sur la loi Yadan : « Quid des rabbins qui qualifient le sionisme de
satanisme ? Les enverra-t-on en prison ? »
Satmar, un
antisionisme juif qui dérange certains soutiens de Trump
C’est précisément
l’invitation des responsables de Satmar qui avait provoqué des réactions avant
le rendez-vous. Plusieurs soutiens très pro-israéliens de Donald Trump avaient
critiqué leur présence. Jewish Insider rapportait avant la rencontre les
protestations de la militante Laura Loomer et de l’animateur conservateur Sid
Rosenberg, hostiles à l’idée de voir ces rabbins entrer dans le Bureau ovale
L’administration Trump
n’a pas modifié son programme. Les frères Aharon et Zalman Leib Teitelbaum,
longtemps éloignés l’un de l’autre et à la tête de deux branches concurrentes
de Satmar, ont tous les deux participé à la visite. The
Times of Israel souligne également le caractère inhabituel de leur
présence commune.
L’épisode rappelle
surtout une réalité souvent effacée des discussions politiques : judaïsme et
sionisme ne sont pas synonymes. Des courants juifs religieux rejettent
historiquement le projet sioniste pour leurs propres raisons théologiques.
Logement, familles nombreuses
et réforme des prisons
Sur le fond, les
informations publiées après la réunion sont beaucoup plus terre à terre que ne
le laissaient penser certaines spéculations. Les discussions ont porté sur le
logement, les familles nombreuses, la réforme pénitentiaire et une extension de
certains crédits d’impôt pour les foyers de plus de trois enfants. La question
de l’autonomie des écoles religieuses et celle des aménagements accordés aux
détenus juifs dans les prisons fédérales ont également été abordées.
Trump aurait de son
côté évoqué les grâces et commutations de peine accordées à certains détenus
juifs, notamment Sholom Rubashkin, ancien dirigeant d’une entreprise de viande
casher dont il avait commué la peine en 2017.
Avant la rencontre,
plusieurs médias avaient affirmé qu’Aharon Teitelbaum souhaitait solliciter
Trump au sujet de la très conflictuelle conscription des étudiants de yeshiva
dans l’armée israélienne. Les comptes rendus publiés après la réunion ne
permettent toutefois pas d’affirmer que ce dossier a réellement été discuté. La
distinction est importante : à ce stade, rien ne permet de présenter cette
rencontre comme un changement officiel de la politique américaine envers
Israël.
La rencontre du 3
septembre semble d’abord répondre à des considérations communautaires
américaines, à quelques jours du Nouvel An juif. Elle n’en produit pas moins
une image inhabituelle : celle d’un président réputé parmi les plus favorables
à Israël entouré de rabbins dont deux des plus influents considèrent précisément
le sionisme comme incompatible avec leur lecture du judaïsme.
Fin de l’article.
C.
Rosenzwitt-Makiewsky-Santri
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