mardi 22 septembre 2026

YOM KIPPOUR / LES KARAPOT

 

Chez certains ultra-orthodoxes, les fautes sont humaines mais le poulet prend la place du coupable

 

À l’approche de Yom Kippour, certains Juifs orthodoxes et ultra-orthodoxes pratiquent encore les Kaparot, une ancienne coutume dans laquelle un poulet vivant devient le substitut symbolique de celui qui le tient. Une manière pour le moins spectaculaire de préparer le jour du Grand Pardon : les fautes sont humaines, mais c’est la volaille qui termine avec le plus mauvais rôle.

 

Mise à jour le 21/09/26

 

Le principe est simple. Un coq est traditionnellement utilisé pour un homme, une poule pour une femme. L’animal est tenu au-dessus de la tête pendant que sont récitées plusieurs formules. Le site religieux ‘Habad-Loubavitch décrit précisément le rituel : « Ceci est mon remplacement, ceci est mon substitut, ceci est mon expiation. »

 

Le poulet est ensuite abattu selon les règles de la casherout. Sa viande, ou sa valeur, est traditionnellement destinée aux pauvres.

 

Arthur Sapaudia@ArthurSapaudia


« Nous disons à Dieu que ce poulet doit être à notre place »

 

Les Juifs ultra-orthodoxes se préparent pour Yom Kippour avec le rituel des Kaparot

 

Ils croient que le rituel transfère les péchés de l’année écoulée dans le poulet

 

Via RT (censuré)

 

https://x.com/ArthurSapaudia/status/2101214539891040633?ref_src=twsrc%5Etfw

 

Une année de fautes, et le poulet récupère le dossier

 

Présenté sans l’enrobage théologique, le système possède un potentiel comique assez redoutable : l’être humain passe l’année à accumuler ses fautes et, quelques jours avant Yom Kippour, un poulet qui n’a absolument rien demandé se retrouve recruté comme « substitut » symbolique.

 

Visuellement, difficile de résister à la caricature : vous faites les bêtises, le poulet récupère le dossier. Vous gardez votre maison, votre famille et vos projets pour l’année suivante. Lui hérite du rôle de « substitut » et finit chez l’abatteur. Niveau répartition des responsabilités, on a connu plus équilibré.

 

Le fidèle récite : « Ceci est mon remplacement, ceci est mon substitut, ceci est mon expiation. » Puis l’animal est tué. En résumé : les hommes commettent les fautes, les hommes demandent pardon et le poulet assure la permanence technique.

 

On connaissait le bouc émissaire. Les Kaparot proposent sa version gallinacée : chacun garde ses péchés dans son curriculum vitae, tandis que la volaille reçoit symboliquement les mauvais décrets et, très concrètement, ne verra pas l’année suivante.

 

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Le « transfert des péchés » mérite toutefois une précision

 

On lit souvent que les Kaparot permettraient de transférer directement les péchés sur l’animal. La réalité religieuse est un peu différente. La cérémonie ne constitue pas, selon ses défenseurs, une machine automatique à laver les fautes.

 

‘Habad précise que l’idée consiste notamment à demander que d’éventuels « décrets sévères » destinés à la personne soient transférés symboliquement sur le poulet. La véritable expiation passe toujours par le repentir.

 

La nuance théologique est donc réelle. Pour le poulet, elle reste assez abstraite.

 

Car au terme de la cérémonie, celui qui a éventuellement menti, trompé, insulté, volé ou simplement très mal vécu son année repart préparer son jeûne. Celui qui n’a commis absolument aucune faute, lui, passe à l’abattoir. Même Kafka aurait peut-être trouvé la procédure un peu sévère.

 

Une pratique contestée jusque dans le judaïsme

 

Les Kaparot sont loin de faire l’unanimité parmi les autorités juives. Des rabbins importants les ont critiquées au cours de l’histoire, notamment en raison de leur dimension jugée superstitieuse.

 

Il existe surtout une alternative extrêmement simple : utiliser de l’argent à la place d’un poulet vivant, puis donner cette somme aux pauvres. Le fidèle peut accomplir la dimension charitable du rite, réciter les prières et préparer Yom Kippour sans transformer une volaille en paratonnerre spirituel.

 

Et c’est précisément ce qui rend la persistance de l’utilisation d’animaux vivants difficile à comprendre. Lorsque la tradition elle-même prévoit une solution sans poulet, sans stress animal et sans abattage lié à la cérémonie, l’argument du « on a toujours fait comme ça » commence sérieusement à battre de l’aile.

 

En Israël aussi, les poulets vivants sont contestés

 

La critique ne vient d’ailleurs pas uniquement de militants extérieurs au judaïsme. En septembre 2026, plusieurs municipalités israéliennes ont refusé l’utilisation de poulets vivants pour les Kaparot organisées sur leur territoire.

 

Les associations de défense des animaux militent depuis longtemps pour le remplacement de la volaille par de l’argent. Même les autorités religieuses favorables aux Kaparot rappellent que les animaux ne doivent subir aucune souffrance inutile.

 

Reste donc cette image assez difficile à oublier : une année entière pour accumuler des fautes, quelques minutes pour désigner un substitut à plumes, puis retour à la vie normale pour tout le monde. Enfin, presque tout le monde.

 

Les péchés sont humains. Le poulet, lui, paie comptant.

 

par Yoann

 

https://lemediaen442.fr/chez-certains-ultra-orthodoxes-les-fautes-sont-humaines-mais-le-poulet-prend-la-place-du-coupable/


Le génocide à Gaza c'est humain aussi ?


 La Bible déclare : Exode 20

 

Tu ne tueras point.

 

Tu ne commettras point d'adultère.

 

Tu ne déroberas point.

 

Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain.

 

Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain.

 

A méditer au jour du Yom Kippour

 

Fin de l’article.

 

C. Rosenzwitt-Makiewsky-Santri

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