Chez certains
ultra-orthodoxes, les fautes sont humaines mais le poulet prend la place du
coupable
À l’approche de Yom
Kippour, certains Juifs orthodoxes et ultra-orthodoxes pratiquent encore les
Kaparot, une ancienne coutume dans laquelle un poulet vivant devient le
substitut symbolique de celui qui le tient. Une manière pour le moins
spectaculaire de préparer le jour du Grand Pardon : les fautes sont humaines,
mais c’est la volaille qui termine avec le plus mauvais rôle.
Mise à jour le
21/09/26
Le principe est
simple. Un coq est traditionnellement utilisé pour un homme, une poule pour une
femme. L’animal est tenu au-dessus de la tête pendant que sont récitées
plusieurs formules. Le site religieux ‘Habad-Loubavitch décrit précisément le
rituel : « Ceci est mon remplacement, ceci est mon substitut, ceci est mon
expiation. »
Le poulet est ensuite
abattu selon les règles de la casherout. Sa viande, ou sa valeur, est
traditionnellement destinée aux pauvres.
Arthur Sapaudia@ArthurSapaudia
« Nous disons à Dieu
que ce poulet doit être à notre place »
Les Juifs
ultra-orthodoxes se préparent pour Yom Kippour avec le rituel des Kaparot
Ils croient que le
rituel transfère les péchés de l’année écoulée dans le poulet
Via RT (censuré)
https://x.com/ArthurSapaudia/status/2101214539891040633?ref_src=twsrc%5Etfw
Une année de fautes,
et le poulet récupère le dossier
Présenté sans
l’enrobage théologique, le système possède un potentiel comique assez
redoutable : l’être humain passe l’année à accumuler ses fautes et, quelques
jours avant Yom Kippour, un poulet qui n’a absolument rien demandé se retrouve
recruté comme « substitut » symbolique.
Visuellement,
difficile de résister à la caricature : vous faites les bêtises, le
poulet récupère le dossier. Vous gardez votre maison, votre famille et
vos projets pour l’année suivante. Lui hérite du rôle de « substitut » et finit
chez l’abatteur. Niveau répartition des responsabilités, on a connu plus
équilibré.
Le fidèle récite : «
Ceci est mon remplacement, ceci est mon substitut, ceci est mon expiation. »
Puis l’animal est tué. En résumé : les hommes commettent les fautes, les hommes
demandent pardon et le poulet assure la permanence technique.
On connaissait le bouc
émissaire. Les Kaparot proposent sa version gallinacée : chacun garde ses
péchés dans son curriculum vitae, tandis que la volaille reçoit symboliquement
les mauvais décrets et, très concrètement, ne verra pas l’année suivante.
À lire aussi : «
Un Juif n’est pas un sioniste » : Tsvi, 15 ans, soutient la Palestine devant
une mosquée
Le « transfert des
péchés » mérite toutefois une précision
On lit souvent que les
Kaparot permettraient de transférer directement les péchés sur l’animal. La
réalité religieuse est un peu différente. La cérémonie ne constitue pas, selon
ses défenseurs, une machine automatique à laver les fautes.
‘Habad précise que l’idée consiste notamment à demander que
d’éventuels « décrets sévères » destinés à la personne soient transférés
symboliquement sur le poulet. La véritable expiation passe toujours par le
repentir.
La nuance théologique
est donc réelle. Pour le poulet, elle reste assez abstraite.
Car au terme de la
cérémonie, celui qui a éventuellement menti, trompé, insulté, volé ou
simplement très mal vécu son année repart préparer son jeûne. Celui qui n’a
commis absolument aucune faute, lui, passe à l’abattoir. Même Kafka aurait
peut-être trouvé la procédure un peu sévère.
Une pratique contestée
jusque dans le judaïsme
Les Kaparot sont loin
de faire l’unanimité parmi les autorités juives. Des rabbins importants les ont
critiquées au cours de l’histoire, notamment en raison de leur dimension jugée
superstitieuse.
Il existe surtout une
alternative extrêmement simple : utiliser de l’argent à la place d’un
poulet vivant, puis donner cette somme aux pauvres. Le fidèle peut
accomplir la dimension charitable du rite, réciter les prières et préparer Yom
Kippour sans transformer une volaille en paratonnerre spirituel.
Et c’est précisément
ce qui rend la persistance de l’utilisation d’animaux vivants difficile à
comprendre. Lorsque la tradition elle-même prévoit une solution sans poulet,
sans stress animal et sans abattage lié à la cérémonie, l’argument du « on a
toujours fait comme ça » commence sérieusement à battre de l’aile.
En Israël aussi, les
poulets vivants sont contestés
La critique ne vient
d’ailleurs pas uniquement de militants extérieurs au judaïsme. En septembre
2026, plusieurs municipalités israéliennes ont refusé l’utilisation de poulets
vivants pour
les Kaparot organisées sur leur territoire.
Les associations de
défense des animaux militent depuis longtemps pour le remplacement de la
volaille par de l’argent. Même les autorités religieuses favorables aux Kaparot
rappellent que les animaux ne doivent subir aucune souffrance inutile.
Reste donc cette image
assez difficile à oublier : une année entière pour accumuler des fautes,
quelques minutes pour désigner un substitut à plumes, puis retour à la vie
normale pour tout le monde. Enfin, presque tout le monde.
Les péchés sont
humains. Le poulet, lui, paie comptant.
par Yoann
Le génocide à Gaza c'est humain aussi ?
La Bible
déclare : Exode 20
Tu ne tueras point.
Tu ne commettras
point d'adultère.
Tu ne déroberas
point.
Tu ne porteras point
de faux témoignage contre ton prochain.
Tu ne convoiteras
point la maison de ton prochain; tu ne convoiteras point la femme de ton
prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune
chose qui appartienne à ton prochain.
A méditer au jour du Yom Kippour
Fin de l’article.
C. Rosenzwitt-Makiewsky-Santri
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