Protégez vos enfants
Poupées sexuées, parties intimes, consentement : voici ce
que l’Éducation nationale prévoit dans son livret Evar avant 4 ans
Ils ne savent pas encore lire, nouent
difficilement leurs lacets et peuvent considérer qu’une flaque d’eau constitue
une activité à part entière. Mais pour l’Éducation nationale, les enfants de
moins de quatre ans sont déjà prêts pour un livret consacré au corps, à
l’intimité, au consentement et aux stéréotypes entre filles et garçons.
Mise à jour le 28/08/26
Sur Éduscol, le ministère met à disposition un guide très
officiellement intitulé « EVAR avant 4 ans ». Pas question ici de parler
abusivement de « cours de sexualité à trois ans » : à la maternelle, le
dispositif porte le nom d’EVAR, pour « éducation à la vie affective et
relationnelle ». L’EVARS, qui ajoute explicitement la sexualité, arrive plus
tard.
La précision est
importante. Elle n’empêche pas de regarder ce que l’État a décidé d’introduire
dans la petite section.
Poupées sexuées,
pénis, vulve et parties intimes
Dans le livret d’accompagnement officiel, une première séquence
propose d’utiliser des « poupées sexuées (fille/garçon) » avec baignoire
miniature, savon, gant et serviette.
Les enfants sont
invités à identifier les différentes parties du corps. Le document précise que
l’enseignant peut employer les termes « pénis », « anus » et « vulve ». Le
guide explique certes que leur mémorisation n’est pas l’objectif principal à
cet âge. Mais les mots sont bien là, dans un document pédagogique destiné aux
enfants qui viennent parfois tout juste de souffler leur troisième bougie.
La culotte des poupées
sert ensuite à distinguer les parties visibles des « parties intimes ». Le
professeur peut également interroger les élèves sur les lieux où ces parties du
corps peuvent être découvertes : à la maison, aux toilettes, à l’école ou chez
les grands-parents.
Autrement dit, pendant
que certains parents espéraient encore que la petite section s’occupe
essentiellement de langage, de motricité et de pâte à modeler, l’administration
centrale a déjà préparé son protocole sur l’intimité.
À lire aussi : Marine Tondelier souhaite la mise en place de l’EVARS « dès la
maternelle »
Le consentement entre
deux dessins et la sieste
Le guide prévoit aussi
d’aborder le consentement. À partir de situations quotidiennes, un enfant doit
apprendre à refuser un câlin ou un contact physique avec des mots comme « non
», « stop » ou « arrête ».
Sur le principe,
apprendre à un enfant qu’il peut refuser qu’on le touche paraît difficilement
contestable. C’est précisément ainsi que le dispositif est présenté :
prévention des violences, protection de l’enfant, respect du corps.
Mais sous ce parapluie
consensuel, l’Éducation nationale installe progressivement un cadre
institutionnel beaucoup plus large autour de l’intimité des tout-petits. Et
comme souvent avec la macronie, ce qui relevait hier encore principalement des
parents devient un objet de programme, de formation, de circulaires et de
contrôle administratif.
Les jeux des enfants
aussi doivent être déconstruits
Le troisième volet est
encore plus révélateur de l’époque. Le livret prévoit de travailler sur les
stéréotypes entre filles et garçons à travers les espaces de jeux de la classe.
Si les petites filles
jouent davantage à la poupée ou les garçons aux voitures, pas de panique :
l’institution veille. L’enseignant est invité à remettre en cause les
représentations du type « les poupées, c’est pour les filles » et à encourager
les enfants à fréquenter différents espaces de jeux.
À trois ans, l’enfant
pensait naïvement choisir un camion parce qu’il aimait les camions. L’Éducation
nationale, elle, commence déjà à se demander si ce choix ne cacherait pas un
stéréotype à déconstruire.
À lire aussi : EVARS : quand la prévention vire à l’endoctrinement, interview de
Verlaine Urbain
Trois ans : l’âge où
l’État commence à s’inviter dans l’intime
Le sujet n’est donc
pas de prétendre que l’Éducation nationale organise des « cours de sexualité »
en petite section. Ce serait fournir au ministère l’argument idéal pour
disqualifier toute critique.
Le sujet est plus
simple : pourquoi l’État estime-t-il nécessaire de formaliser dès trois ans des
séances sur les parties intimes, le consentement et les stéréotypes de genre ?
Et surtout, où s’arrête désormais le rôle de l’école et où commence celui des
parents ?
Avec l’EVAR, la
réponse semble de moins en moins nette. À défaut de savoir écrire son prénom,
l’élève de petite section aura au moins commencé sa formation accélérée aux préoccupations
idéologiques de son époque.
Pour aller plus loin,
nous vous proposons de revoir notre entretien avec Verlaine Urbain, de Droits
de l’Enfance. Elle y revient sur l’EVARS, ses objectifs officiels, ses contenus
et les dérives qu’elle dénonce derrière un dispositif présenté comme de la
prévention.
Lien vidéo 12 commentaires :
https://www.youtube.com/watch?v=8Tp8kQqk7s0
Par Yoann
Protégez vos enfants
Fin de l'article.
C. Rosenzwitt-Makiewsky-Santri
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