Identité de genre : 56 recommandations plus tard, le
wokisme avance surtout par la petite porte
Faute d’avoir transformé la loi,
l’idéologie du genre s’installe par les formulaires, les formations, les
règlements intérieurs et les décisions locales. Un an après les 56
recommandations de la Défenseure des droits, l’État n’a pas appliqué tout le
programme. Il en a néanmoins conservé la méthode : contourner les débats
politiques pour modifier progressivement les usages.
Mise à jour le 18/08/26
L’État n’a pas appliqué tout le
programme, mais il a déjà recruté les référents.
En juin 2025, la Défenseure des
droits de l’époque, Claire Hédon, dressait une liste couvrant l’état civil,
l’école, les diplômes, le sport, l’entreprise, la police et les prisons. Prénom
choisi, pronoms non binaires, vestiaires selon le genre déclaré, référents
LGBTI dans les fédérations ou affectation pénitentiaire sans changement
préalable d’état civil : aucun secteur ne devait échapper au grand reclassement
administratif.
Au 14 août 2026, les
56 recommandations n’ont pas toutes été appliquées. Mais conclure à leur échec
serait aller trop vite. Le progressisme institutionnel ne travaille pas
toujours avec une grande loi votée sous les caméras. Il préfère souvent la
circulaire discrète, le guide pratique, la formation obligatoire et le projet
d’arrêté que personne ne lit.
État civil : la loi
résiste encore
La Défenseure des
droits réclamait une procédure déclarative permettant de modifier rapidement le
prénom et le sexe à l’état civil sur la base d’une attestation sur l’honneur.
Elle voulait aussi ouvrir le changement de sexe aux mineurs non émancipés.
Cette réforme n’a pas
été adoptée. Le Code civil réserve toujours la procédure aux majeurs et aux
mineurs émancipés. Le tribunal judiciaire reste compétent et le demandeur doit
fournir des éléments de preuve.
Sur ce point, le réel
conserve donc encore un droit de réponse. La simple déclaration individuelle
n’a pas remplacé la procédure judiciaire.
Diplômes :
l’administration apprend à effacer « Madame » et « Monsieur »
Le chantier
progresse davantage dans les bureaux. En mai 2026, le Défenseur des droits
s’est penché sur le refus d’un rectorat de rééditer un baccalauréat sans
civilité. La direction générale de l’enseignement scolaire a
indiqué préparer des arrêtés permettant de supprimer « Madame » ou « Monsieur »
des diplômes.
La mesure n’était donc
pas encore pleinement appliquée, mais la machine était lancée. Après avoir
longtemps délivré des diplômes attestant d’un niveau d’études, l’Éducation
nationale doit désormais vérifier qu’ils ne rappellent pas trop brutalement
l’existence des deux sexes.
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envoyés en formation
École : pas de
nouvelle loi, mais le logiciel est déjà installé
À l’école, plusieurs
pratiques demandées en 2025 figuraient déjà dans la circulaire de 2021 : prénom
d’usage, prise en compte de l’identité déclarée et adaptations concernant les
espaces non mixtes. La décision de la Défenseure des droits n’a donc pas créé
cette politique ; elle a demandé de l’étendre et de mieux former les
personnels.
La circulaire de rentrée 2026 promet pourtant un retour à la
lecture, à l’écriture, aux mathématiques et à l’autorité. Voilà pour la
vitrine. Dans l’arrière-boutique, les guides, formations et adaptations
identitaires continuent leur chemin. L’école doit instruire, protéger, réparer
la société et arbitrer les pronoms ; heureusement, les journées n’ont toujours
que vingt-quatre heures.
Sport : l’inclusion
rencontre le chronomètre
La Défenseure des
droits demandait un référent LGBTI obligatoire dans chaque fédération, l’accès
aux vestiaires selon l’identité revendiquée et l’interdiction des exclusions
automatiques de sportifs transgenres.
Aucune obligation
générale imposant ces référents à toutes les fédérations n’a été retrouvée.
Le ministère des Sports préfère recommander des
règlements propres à chaque discipline et des critères scientifiques.
C’est le moment où le
progressisme découvre une difficulté inattendue : un slogan inclusif ne réduit
ni la puissance musculaire ni un chronomètre. Le sport exige des catégories
compréhensibles et une concurrence équitable. Deux contraintes que le
formulaire d’autodétermination ne suffit pas à faire disparaître.
Police : les référents
étaient déjà là
La gendarmerie
annonce environ 800 référents « égalité et diversité ». Mais ce réseau
remonte à 2016. Il ne prouve donc pas l’application nouvelle des
recommandations de 2025.
Il confirme néanmoins
une tendance : chaque institution se dote désormais de ses référents,
observatoires, plateformes et formations. La bureaucratie inclusive possède une
qualité remarquable : elle trouve toujours de la place pour un étage
supplémentaire.
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transgenres et la sécurité des femmes
Prisons : la sécurité
des femmes reste le sujet interdit
La recommandation la
plus explosive concernait l’affectation des détenus dans un quartier
correspondant à leur identité de genre, sans attendre la modification de l’état
civil. Le Code pénitentiaire ne reprend toujours pas ce principe sous la
forme d’une règle nationale générale.
Ce retard évite
surtout de répondre à la question qui fâche : que deviennent la sécurité,
l’intimité et les droits des détenues lorsque le ressenti individuel devient le
premier critère d’affectation ? Dans le catéchisme progressiste, prononcer le
mot « femme » est simple. Le définir sans trembler devient beaucoup plus
compliqué.
Le programme n’est pas
appliqué, mais sa logique s’installe
Les 56 recommandations
n’ont donc pas été transformées en 56 obligations. Certaines restent bloquées,
d’autres préparent leur arrivée et plusieurs recyclent des politiques plus
anciennes.
Mais leur logique
avance : remplacer progressivement le sexe par l’identité déclarée, puis
adapter les documents, les vestiaires, les compétitions et les établissements
autour de ce nouveau principe. Pas besoin d’une révolution lorsque chaque
administration accepte d’en appliquer un petit morceau. Le wokisme français ne
défonce pas toujours la porte : il entre avec un badge de référent et un guide
pratique sous le bras.
par Yoann
Fin de l’article.
C.
Rosenzwitt-Makiewsky-Santri
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