Thomas Guénolé
suspendu un an par le Grand Orient après ses positions sur Gaza, à quelques
jours de son débat avec Alain Soral
Thomas Guénolé ne
pourra plus exercer ses « droits et qualités maçonniques » pendant un an.
D’après les informations publiées par Le Point, la sanction a été prononcée en
avril 2026 par la Chambre suprême de justice maçonnique du Grand Orient de
France. Le politologue avait rendu publique son appartenance au GODF seulement
trois mois auparavant.
Mise à jour le
19/08/26
Au Grand Orient,
toutes les opinions semblent libres, à condition de choisir les bonnes.
La procédure ne vient
pas d’une juridiction locale. Elle a été menée par l’instance judiciaire
supérieure de l’obédience, présentée comme indépendante du conseil de l’ordre. Ce
dernier est à l’origine de la plainte. Thomas Guénolé pouvait contester la
décision, mais il n’a pas interjeté appel. Sollicité par l’hebdomadaire, il n’a
pas souhaité répondre.
Gaza et le 7 octobre
au cœur de la sanction
Selon plusieurs
sources internes citées par Le Point, il lui est reproché un supposé « soutien aux actions du
Hamas » ainsi qu’une « relativisation des morts israéliens le 7 Octobre ». Ces
formulations restent celles de ses accusateurs. Aucun jugement pénal ni
communiqué détaillé du GODF ne vient, à ce stade, les étayer publiquement.
Thomas Guénolé a d’ailleurs déjà contesté toute proximité avec le Hamas.
Son passage à bord
d’une flottille en direction de Gaza et une planche consacrée à cette
expérience auraient également provoqué des tensions en loge. Le dossier montre
surtout qu’au Grand Orient, l’universalisme revendiqué s’accommode mal de
certaines positions sur la Palestine. La liberté de conscience tient dans les
textes. Dans la pratique, elle semble parfois avoir besoin d’une autorisation
préalable.
À lire aussi : Thomas Guénolé révèle son appartenance au Grand Orient : l’itinéraire
révélateur d’un franc-maçon anti-catholique
La Jeune Garde et le
comportement en loge également visés
La plainte
mentionnerait aussi son soutien à la Jeune Garde, collectif d’ultragauche
dissous, ainsi que son « comportement en loge ». Après la mort de Quentin
Deranque à Lyon en février 2026, Thomas Guénolé avait adressé un message de
soutien aux militants antifascistes et à Raphaël Arnault. Cet engagement aurait
alimenté le dossier disciplinaire.
Le calendrier ajoute
une touche particulièrement grinçante. La sanction devient publique alors que
Thomas Guénolé vient d’annoncer sur son compte X un échange avec
Alain Soral. L’essayiste avait accepté sa proposition de débat, au grand
mécontentement d’une partie de la gauche et des milieux propalestiniens. À
croire qu’en France, discuter avec Soral constitue parfois une faute plus grave
que refuser toute confrontation.
Dr Thomas Guénolé@thomas_guenole
Le débat Guénolé-Soral
aura lieu le vendredi 28 août à 19h sur la chaîne YouTube @GPTVoff.
@officielsoral est chroniqueur dans leur revue : j'assume d'aller l'affronter
sur son terrain.
Le thème du débat sera
: les thèses antisémites de Soral.
Il ne suffit pas de
condamner moralement et judiciairement : il faut surtout démontrer que ses
thèses sont fausses, devant son propre public. Je m'y emploierai.
Je cesse toute
intervention publique jusqu'à ce débat.
Une obédience déjà
traversée par des luttes politiques
Cette suspension
arrive dans un GODF travaillé par les rivalités idéologiques, les accusations
d’entrisme politique et les désaccords sur Gaza. L’élection du prochain grand
maître doit se tenir le 27 août au convent de Bordeaux, avec l’ancien dirigeant
Guillaume Trichard parmi les favoris.
Thomas Guénolé
retrouvera théoriquement ses droits maçonniques au terme de sa suspension.
D’ici là, les frères pourront méditer entre eux sur la tolérance, la liberté de
conscience et les limites qu’ils choisissent discrètement de leur appliquer.
À lire aussi : Entretien en 4-4-2 avec Youssef Hindi : « En route vers le grand Israël »
par Yoann
Fin de l’article.
C.
Rosenzwitt-Makiewsky-Santri
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