Amy-Jill Levine,
universitaire juive qui ne reconnaît pas Jésus comme Messie, élue présidente
des biblistes catholiques américains
La Catholic Biblical
Association of America a élu Amy-Jill Levine à sa présidence pour 2026-2027.
Cette universitaire juive, spécialiste reconnue du Nouveau Testament mais non
chrétienne, défend également une interprétation inclusive des passages
bibliques concernant l’homosexualité. Pour une association catholique, le choix
ne manque pas d’audace. Ou de confusion.
Mise à jour le 19/08/26
Il ne reste plus
qu’à nommer un athée à la tête d’une académie missionnaire. Pour respecter la
diversité.
Amy-Jill Levine,
première présidente juive de la CBA
La Catholic Biblical Association a officialisé l’élection d’Amy-Jill
Levine le 7 août 2026. Le scrutin s’est déroulé le 20 juillet,
pendant la 88e assemblée annuelle de l’organisation. Elle devient ainsi la
première personne juive à présider cette société savante pour l’année
2026-2027.
Professeure émérite
à la Vanderbilt Divinity School, Amy-Jill Levine enseigne actuellement le
Nouveau Testament et les études juives à la Hartford International University
for Religion and Peace. L’universitaire appartient à la tradition juive
orthodoxe et ne se présente ni comme chrétienne ni comme disciple confessant
Jésus-Christ comme Seigneur et Sauveur.
Voilà donc une
association portant le mot « catholique » dans son nom placée sous la direction
d’une spécialiste qui étudie Jésus sans le reconnaître comme Messie. Le diplôme
est impeccable, la foi catholique manque simplement au dossier. Dans certaines
institutions ecclésiales, ce détail paraît désormais presque indiscret.
À lire aussi : Réponse du pape saint Pie X à Theodor Herzl sur le sionisme et la
Palestine
Une lecture très
personnelle des textes sur l’homosexualité
Le parcours d’Amy-Jill
Levine ne se limite pas au dialogue judéo-chrétien. Elle a aussi consacré un
long article aux passages bibliques souvent invoqués à propos de
l’homosexualité : Genèse 19, Lévitique 18 et 20, Romains 1, 1 Corinthiens 6 ou
encore 1 Timothée 1.
Dans son texte publié par Outreach, elle estime que certaines
interdictions bibliques peuvent effectivement viser des actes homosexuels. Elle
refuse cependant d’en faire une condamnation générale des relations
contemporaines entre adultes consentants.
« Tous les textes
bibliques, comme tous les codes juridiques, doivent être interprétés »,
écrit-elle en substance. Selon elle, le lecteur moderne doit décider si ce qui
convenait à l’âge du fer ou à l’Empire romain reste applicable aujourd’hui.
Elle avance notamment que le récit de Sodome concerne le viol et le refus de
l’hospitalité, non une relation homosexuelle consentie.
À propos du
Lévitique, elle juge le sens exact des formules hébraïques incertain et propose
plusieurs lectures possibles. Quant aux mots grecs employés par saint Paul dans
la première épître aux Corinthiens, elle considère qu’ils pourraient désigner
des rapports marqués par la contrainte, la prostitution ou l’esclavage plutôt
que l’ensemble des relations entre personnes du même sexe.
Quand l’identité
catholique devient décorative
Le problème n’est
pas qu’une universitaire juive étudie le Nouveau Testament. Son érudition n’est
pas contestable et les échanges entre chercheurs peuvent être utiles. La vraie
étrangeté réside dans la décision de lui confier la présidence d’une
association explicitement catholique alors qu’elle ne partage pas la foi qui
donne son sens à ces Écritures.
La CBA rappelle
toutefois qu’elle rassemble des biblistes « de toutes traditions ». Elle met
aussi en avant les travaux de Levine sur les relations entre juifs et chrétiens,
ses trois audiences avec le pape François et son enseignement, en 2019, à
l’Institut biblique pontifical.
La logique est donc
limpide : l’institution célèbre la diversité académique, même lorsque celle-ci
contredit directement le cœur de la confession catholique. Jésus peut ne pas
être reconnu comme Messie ; l’essentiel est apparemment que la bibliographie
soit bien fournie. À ce rythme, la prochaine étape consistera peut-être à
demander à un athée de présider une académie d’évangélisation. Pour l’ouverture,
évidemment.
Dans cet entretien,
Amy-Jill Levine expose elle-même sa lecture juive de Jésus et du Nouveau
Testament. La vidéo est en anglais, avec possibilité d’activer la traduction
automatique des sous-titres en français.
par Yoann
Lien YouTube (Anglais)
https://www.youtube.com/watch?v=7gJmV577uqA
‘Si quelqu'un d'entre vous manque de
sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche,
et elle lui sera donnée.’
Jacques 1 : 5
‘Demandez, et l'on vous donnera;
cherchez, et vous trouverez; frappez, et l'on vous ouvrira.’
Matthieu 7 : 7
Fin de l’article
C. Rosenzwitt-Makiewsky-Santri
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