lundi 28 septembre 2026

LE MAL CONTRE LE BIEN : SOUTIEN A SUSAN SARANDON

 

L’actrice Susan Sarandon est interdite de télévision et à Hollywood à cause de son soutien à Gaza

 

Susan Sarandon aurait pu choisir le confort d’une carrière immense, d’un Oscar et d’un nom connu dans le monde entier. Elle a choisi de parler. Son soutien aux Palestiniens et ses appels à un cessez-le-feu à Gaza lui ont coûté son agence et une partie de son travail aux États-Unis. À 79 ans, l’actrice raconte être écartée de la télévision et de grandes productions hollywoodiennes. Une sanction professionnelle qui ne l’a pourtant pas convaincue de se taire.

 

Mise à jour le 28/09/26

 

À Hollywood, un Oscar peut rester sur la cheminée plus longtemps qu’un contrat lorsqu’on commence à parler de Gaza.

 

En février 2026, à Barcelone, Susan Sarandon reçoit le Goya international pour l’ensemble de sa carrière. Devant les journalistes, elle raconte sans détour ce qui lui est arrivé après ses prises de position sur Gaza. « Mon agence m’a licenciée spécifiquement parce que j’ai manifesté et pris la parole au sujet de Gaza, parce que j’ai demandé un cessez-le-feu. Et il est devenu impossible pour moi de passer à la télévision », explique-t-elle. Elle ajoute qu’elle ne pouvait plus participer à « aucun grand film » ni à quoi que ce soit directement lié à Hollywood.

 

L’actrice ne parle pas d’un simple désaccord sur les réseaux sociaux. United Talent Agency, l’une des grandes agences hollywoodiennes, a effectivement cessé de la représenter en novembre 2023. Sarandon raconte avoir ensuite cherché du travail ailleurs, notamment en Angleterre et en Italie. Même là, les pressions l’ont suivie : un réalisateur italien qui venait de l’engager lui aurait confié qu’on lui avait conseillé de ne pas la faire travailler.

 

En 2026, Hollywood ne lui a toujours pas pardonné

 

Sept mois après ses déclarations de Barcelone, le sujet n’était toujours pas derrière elle. Le 6 septembre 2026, à la Mostra de Venise, Susan Sarandon expliquait que des rôles continuaient à lui échapper. « On m’a encore retiré des rôles récemment, parce qu’il y a des agences qui disent aux gens de ne pas m’engager », déclarait-elle devant la presse.

 

Elle travaille encore, mais autrement. Loin des grosses machines hollywoodiennes, Sarandon tourne dans des productions indépendantes et européennes. Elle a notamment travaillé en Italie et joué plusieurs mois sur la scène de l’Old Vic à Londres. Une carrière désormais organisée autour de ceux qui acceptent encore de l’engager, plutôt qu’autour des studios américains qui ont accompagné une grande partie de son parcours.

 

La situation ne semble pas l’avoir rendue plus docile. Le 24 septembre 2026, quelques semaines seulement après Venise, Susan Sarandon était interpellée à New York lors d’une manifestation contre Benjamin Netanyahou, alors que le Premier ministre israélien devait prendre la parole devant l’Assemblée générale de l’ONU. À 79 ans, l’actrice de Thelma & Louise se retrouvait une nouvelle fois dans la rue, menottée par la police avec d’autres manifestants.

 

À lire aussi : L’actrice Susan Sarandon arrêtée à New York lors d’une manifestation contre Netanyahou

 

Susan Sarandon n’a pas attendu Gaza pour prendre des risques

 

Présenter cette histoire comme une soudaine conversion militante serait passer à côté du personnage. Susan Sarandon prend publiquement position depuis des décennies, y compris lorsque cela menace directement son image ou son travail.

 

·         En mars 1993, elle monte sur la scène des Oscars avec Tim Robbins. Ils sont là pour remettre le prix du meilleur montage, mais utilisent quelques secondes de direct pour parler de 266 réfugiés haïtiens séropositifs retenus à Guantánamo. Le geste provoque la colère des organisateurs de la cérémonie. Quelques jours plus tard, Sarandon et Robbins assument publiquement leur intervention.

 

Avec le recul, elle reconnaîtra que la scène lui avait demandé un véritable effort. Désobéir au scénario, devant des millions de téléspectateurs et avec des gens qui criaient en coulisses, lui avait été difficile. Elle l’a fait tout de même. Trois ans plus tard, Hollywood lui remettra l’Oscar de la meilleure actrice pour La Dernière Marche.

 

Contre la guerre en Irak bien avant que cela ne devienne confortable

 

Dix ans plus tard, Susan Sarandon est encore dans la rue. En 2002 et 2003, tandis que l’administration de George W. Bush prépare l’invasion de l’Irak, elle participe aux grands rassemblements antiguerre organisés aux États-Unis. Elle intervient publiquement aux côtés d’autres artistes et militants et s’oppose à une guerre préventive dont elle redoute le coût humain pour les Irakiens comme pour les soldats américains.

 

Cette opposition n’est pas sans conséquence. En pleine période patriotique suivant les attentats du 11 septembre, critiquer une guerre voulue par Washington expose les personnalités publiques à de violentes réactions. Sarandon continue pourtant de participer aux rassemblements et aux émissions consacrées à l’opposition à l’invasion.

 

Son engagement dépasse également les conflits armés. En 1999, l’UNICEF la nomme ambassadrice de bonne volonté. Elle se rend ensuite en Inde et en Tanzanie pour soutenir des programmes destinés aux enfants, notamment ceux touchés par le VIH et le sida.

 

Gaza : le prix d’une parole qui ne rapporte rien

 

À partir d’octobre 2023, Sarandon participe à des rassemblements en soutien aux Palestiniens et demande un cessez-le-feu à Gaza. C’est dans ce contexte qu’elle prononce, lors d’une manifestation à New York, une phrase comparant la peur éprouvée par certains Juifs américains à celle vécue par les musulmans confrontés aux discriminations aux États-Unis. Elle présentera ensuite ses excuses pour cette formulation, expliquant qu’elle avait involontairement pu minimiser l’histoire des persécutions antisémites.

 

Mais son appel en faveur d’un cessez-le-feu, lui, ne disparaît pas. Pas plus que son soutien aux Palestiniens. Alors même que son agence la lâche et que les grandes productions se raréfient, elle continue de parler de Gaza, de manifester et de dénoncer le soutien américain à Israël.

 

Son parcours prend alors une dimension particulière. Il est facile pour une vedette de défendre une cause qui lui rapporte des applaudissements, une campagne publicitaire ou une belle photographie sur un tapis rouge. La mesure d’une conviction change lorsque la même parole commence à coûter des contrats, de l’argent et des années de carrière.

 

À lire aussi : Des artistes engagés pour la Palestine : l’actrice Manon Azem lit le témoignage d’un jeune de 13 ans à Gaza

 

À 79 ans, elle continue et les autres (Blanche Gardin, Dieudonné) aussi

 

Susan Sarandon n’a plus grand-chose à prouver au cinéma. Cinq nominations aux Oscars, une statuette, Thelma & Louise, La Dernière Marche, Atlantic City, Le Client : sa place dans l’histoire du cinéma américain ne dépend plus du prochain contrat qu’un studio acceptera ou non de lui donner.

 

C’est peut-être aussi ce qui rend son cas intéressant. Elle sait désormais très concrètement ce que certaines prises de position peuvent lui coûter. Elle raconte avoir perdu son agence, être devenue indésirable à la télévision américaine et voir encore des rôles lui échapper. Malgré cela, elle n’a pas changé de sujet.

 

Cette histoire résonne aussi en France. Blanche Gardin en a fait l’amère expérience après son sketch de juillet 2024 consacré à Gaza et aux accusations d’antisémitisme : l’humoriste raconte ne plus recevoir de propositions de cinéma, avoir été lâchée par son agente et avoir vu disparaître une partie de son activité professionnelle.

 

Bien avant elle, Dieudonné avait connu une rupture autrement plus brutale avec le paysage médiatique français. Le 1er décembre 2003, alors que Gaza était encore très loin d’occuper la place qu’elle occupe aujourd’hui dans le débat public, il apparaissait en direct sur France 3 dans le rôle d’un colon israélien extrémiste. Le sketch provoqua un tollé et marqua un tournant dans sa carrière médiatique ; les années suivantes furent jalonnées de polémiques, de condamnations judiciaires et, plus récemment encore, d’interdictions répétées de ses spectacles.

 

Susan Sarandon, Blanche Gardin, Dieudonné : trois parcours très différents, mais une même réalité apparaît lorsque la parole d’un artiste devient trop coûteuse pour ceux qui l’emploient. À ce moment-là, continuer à parler n’est plus seulement une posture : cela peut vouloir dire perdre des rôles, des revenus, des scènes et parfois une grande partie de sa carrière.

 

par Le Média en 4-4-2

 

https://lemediaen442.fr/lactrice-susan-sarandon-est-interdite-de-television-et-a-hollywood-a-cause-de-son-soutien-a-gaza/

 

Question : Est-ce que tous les membres des pays qui ont quitté leur siège à L’ONU lors de la venue et la prise de parole de Netanyahu, et parce qu’ils soutiennent les Palestiniens, vont-ils être à leur tour interdits de séjour à l’ONU et partout ailleurs sur les chaines TV ? Foutaise ! Bull shit

 

Fin de l’article.

 

Football : L’Irlande baisse la tête pendant l’hymne israélien, refuse les poignées de main et gagne 3-0

 

Le match avait à peine commencé que le message était passé. Dimanche 27 septembre, à Debrecen, en Hongrie, les joueurs de la République d’Irlande ont baissé la tête pendant l’hymne israélien. Ils portaient un brassard noir. Puis les deux équipes ont rejoint le terrain sans la traditionnelle poignée de main ni échange de fanions. Quatre-vingt-dix minutes plus tard, l’Irlande avait battu Israël 3-0 en Ligue des nations. Pour une rencontre que certains auraient aimé réduire à une simple ligne de résultats, les images d’avant-match risquent de durer bien plus longtemps que le score.

 

Mise à jour le 28/09/26

 

Brassard noir au bras, l’Irlande a joué contre Israël sans faire semblant d’oublier Gaza.

 

Le brassard rendait hommage, selon la fédération irlandaise, à toutes les vies perdues dans le conflit. Le contexte, lui, ne laissait guère de doute sur la portée du geste : en Irlande, la tenue de ces rencontres contre Israël provoque une vive opposition en raison de la guerre menée à Gaza. Les joueurs ont choisi de disputer le match, mais ils n’ont pas accepté de dérouler le cérémonial comme si tout allait bien. Les gestes observés avant la rencontre avaient été annoncés ; les voir accomplis ensemble leur a donné une tout autre force.

 

BeFootball@_BeFootball

Les joueurs de la République d'Irlande ont incliné la tête pendant l'hymne national d'Israël.

Ils ont aussi porté des brassards noirs en reconnaissance de toutes les vies perdues à Gaza. 🕊️🇵🇸

 

« Je suis irlandais à partir d'aujourd'hui c'est magnifique »

 

« Nous sommes de cœur avec les irlandais, voilà des personnes qui méritent respect et considération. »

 

« On est tous derrière l’Irlande »

 

https://x.com/_BeFootball/status/2104282922404724745

  

Lien de l’article et vidéo :

 

https://lemediaen442.fr/football-lirlande-baisse-la-tete-pendant-lhymne-israelien-refuse-les-poignees-de-main-et-gagne-3-0/

 

C. Rosenzwitt-Makiewsky-Santri

 

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